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Cowork : Claude passe de l'assistant qui répond à l'assistant qui fait (enfin)

Anthropic sort Cowork, une fonctionnalité qui permet à Claude de bosser en autonomie sur vos fichiers. On décrypte pourquoi c'est un tournant et ce qu'il faut savoir avant de lui confier les clés.

Aurélien||6 min de lecture
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Cowork : Claude passe de l'assistant qui répond à l'assistant qui fait (enfin)

Le 12 janvier 2026, Anthropic a dévoilé une fonctionnalité qui pourrait bien redéfinir notre rapport au travail assisté par IA. Avec Cowork, Claude ne se contente plus de répondre à vos questions : il prend littéralement les commandes de votre ordinateur pour accomplir des tâches complexes en autonomie. On n'est plus dans la conversation, on est dans la collaboration active.

Cowork, c'est quoi exactement ?

Anthropic présente Cowork comme "Claude Code pour le reste de votre travail". L'idée : prendre les fondations techniques de Claude Code (l'outil développeur lancé fin 2025) et les adapter pour des tâches non-techniques du quotidien. Fini le terminal et les lignes de commande, place à une interface accessible à tous.

Concrètement, Cowork transforme Claude en agent autonome capable de planifier, exécuter et finaliser des tâches multi-étapes avec une supervision minimale. Vous lui décrivez ce que vous voulez accomplir, et il s'en charge. Plus besoin de micro-manager chaque action.

Comment ça fonctionne sous le capot

Techniquement, Cowork repose sur une architecture plutôt élégante. L'outil utilise VZVirtualMachine, le framework de virtualisation d'Apple, pour faire tourner un système Linux isolé sur votre Mac. Cette sandbox garantit que Claude opère dans un environnement contrôlé, séparé de votre système principal.

Le modèle de permissions est basé sur les dossiers : vous désignez explicitement quels répertoires Claude peut lire, modifier ou créer des fichiers. Il n'a accès qu'à ce que vous autorisez, rien de plus. Une approche qui rassure sur le plan de la sécurité, même si elle demande une certaine confiance initiale.

Selon les ingénieurs d'Anthropic, Cowork intègre également :

  • Une VM intégrée pour l'isolation des processus

  • Un support natif pour l'automatisation du navigateur

  • La compatibilité avec tous les connecteurs de données de claude.ai

  • Un système de clarification quand Claude n'est pas sûr de comprendre votre demande

L'automatisation du navigateur : le game changer

C'est peut-être l'aspect le plus impressionnant de Cowork. Couplé à Claude in Chrome, l'extension navigateur d'Anthropic, l'agent peut exécuter des tâches nécessitant un accès web. Navigation sur des sites, clics sur des boutons, remplissage de formulaires, extraction d'informations... Claude fait tout ça depuis l'application desktop.

Cette combinaison bureau + navigateur ouvre des possibilités considérables. Imaginez : vous demandez à Claude de comparer les prix de vols pour vos prochaines vacances, de compiler les résultats dans un tableur, et de vous envoyer un résumé. Il navigue sur les sites de comparateurs, extrait les données, les organise, et vous livre le tout. Sans que vous ayez à toucher votre souris.

Les Skills : des compétences sur mesure

Anthropic a également introduit un système de Skills (compétences) spécifiquement conçues pour Cowork. Ces skills améliorent la capacité de Claude à créer des documents, des présentations et d'autres types de fichiers. Elles s'appuient sur le framework "Skills for Claude" annoncé en octobre 2025.

L'idée est de permettre à Claude d'exceller dans des tâches spécifiques plutôt que d'être médiocre partout. Besoin d'un deck PowerPoint ? Il y a une skill pour ça. Un rapport structuré ? Pareil. Cette approche modulaire permet d'étendre les capacités de Cowork au fil du temps.

Les cas d'usage concrets

Anthropic a mis en avant plusieurs scénarios où Cowork brille particulièrement :

  • Organisation de fichiers : réorganiser votre dossier Téléchargements en chaos depuis 2019

  • Gestion des dépenses : transformer vos screenshots de reçus en tableur de notes de frais

  • Rédaction de premiers jets : produire des ébauches de documents à partir de notes éparses

  • Recherche et compilation : agréger des informations depuis plusieurs sources web

  • Tâches administratives : remplir des formulaires, gérer des réservations

  • Intégrations tierces : synchroniser avec Notion, Asana et d'autres outils via les connecteurs existants

Ce qui est frappant, c'est l'origine de ces use cases. Anthropic a observé que les utilisateurs de Claude Code détournaient déjà l'outil pour des tâches non-techniques : recherche de vacances, création de slides, nettoyage d'emails, annulation d'abonnements, récupération de photos de mariage sur un vieux disque dur, et même... surveillance de la croissance de plantes et contrôle de four connecté. Cowork est né de ces usages détournés.

Disponibilité et tarification

Au lancement le 12 janvier, Cowork était réservé aux abonnés Claude Max, le tier power-user d'Anthropic facturé entre 100 et 200 dollars par mois. Uniquement sur l'application desktop macOS.

Bonne nouvelle : depuis le 16 janvier 2026, la fonctionnalité est accessible aux abonnés Claude Pro à 20$/mois. Anthropic prévient toutefois que les utilisateurs Pro atteindront leurs limites d'usage plus rapidement que les Max.

Pour les utilisateurs Windows : patience. Anthropic a annoncé qu'une version Windows arrivera "en temps voulu", sans date précise. La synchronisation multi-appareils est également dans les cartons.

Construit en 10 jours... avec Claude Code

Détail savoureux : selon les équipes d'Anthropic, Cowork a été développé en environ une semaine et demie. Et la majorité du développement a été réalisé... en utilisant Claude Code lui-même. L'IA qui construit l'IA qui va vous aider. On atteint un niveau de meta assez vertigineux.

Cette rapidité de développement illustre à la fois la maturité des outils internes d'Anthropic et leur philosophie du "ship fast, iterate faster". Cowork est d'ailleurs explicitement présenté comme une "research preview", pas un produit fini.

La question de la sécurité

Donner à une IA le contrôle de votre navigateur et de vos fichiers, même dans un environnement sandboxé, soulève des questions légitimes. Anthropic ne fait pas l'autruche sur le sujet.

La société reconnaît avoir construit des "défenses sophistiquées contre les injections de prompts", mais admet que "la sécurité des agents, c'est-à-dire la tâche de sécuriser les actions de Claude dans le monde réel, reste un domaine de développement actif dans l'industrie".

Traduction : ils ont fait le maximum avec l'état de l'art actuel, mais personne n'a encore toutes les réponses. L'honnêteté est appréciable, même si elle ne dissipera pas toutes les inquiétudes des DSI les plus prudents.

Ce que ça signifie pour la suite

Cowork s'inscrit dans une tendance lourde : le passage des chatbots conversationnels aux agents autonomes. OpenAI, Google, et maintenant Anthropic convergent vers la même vision : des IA qui ne se contentent pas de répondre, mais qui agissent.

La différence d'approche d'Anthropic est intéressante. Plutôt que de viser d'emblée l'autonomie totale, ils proposent un modèle de collaboration où l'humain garde le contrôle (choix des dossiers accessibles, interruption possible à tout moment, logs de toutes les actions). C'est moins spectaculaire qu'un agent qui fait tout seul, mais peut-être plus réaliste pour une adoption à grande échelle.

Certains analystes voient déjà dans Cowork une menace pour des dizaines de startups qui se sont positionnées sur l'automatisation de tâches spécifiques. Quand le modèle de fondation lui-même devient capable de faire le travail, que reste-t-il aux couches applicatives au-dessus ?

Le mot de la fin

Cowork représente un saut qualitatif dans ce que les assistants IA peuvent accomplir. On passe de l'outil qui répond à l'outil qui fait. La frontière entre "assistant" et "collaborateur" n'a jamais été aussi poreuse.

Est-ce que c'est le futur du travail augmenté ou le début d'une dépendance problématique aux agents autonomes ? Probablement un peu des deux. À nous de définir les garde-fous et de rester aux commandes, même quand l'IA tient le volant.

Une chose est certaine : 2026 s'annonce comme l'année où les agents IA passent du concept à la réalité quotidienne. Autant apprendre à surfer sur cette vague plutôt que de se laisser submerger.

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Aurélien Pringarbe

Écrit par

Aurélien Pringarbe

Consultant SEO de métier, geek de toujours. Le genre à tester un nouvel outil à minuit "juste pour voir". J'ai créé ce site pour canaliser cette obsession et la rendre utile. Si je peux vous éviter de perdre du temps sur des trucs surcotés, j'aurai fait mon taf.

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